Formation technique et professionnelle

L’EFTP vise l’acquisition des compétences qui permet aux apprenants d’assumer leur rôle de travailleurs et d’évoluer sur le marché du travail. En ce sens, elle tient compte de la structure socio-économique, des besoins du marché du travail ainsi que des caractéristiques de chaque métier. Or, on constate un décalage entre la formation dispensée à l’école et le monde du travail ou les besoins de la communauté. De plus, l’accès et la participation sont limités (car coûteux) et ces formations sont considérées comme des voies de relégation. Il y a donc une baisse des effectifs d’un point de vue quantitatif et qualitatif ainsi qu’un manque de reconnaissance sociale. D’autre part, comme l’accès est limité, les élèves se tournent vers l’apprentissage traditionnel. L’accès des filles est également très faible, encore plus dans les sections « masculines », notamment à cause des préjugés et des stéréotypes culturels.

De manière générale, les dispositifs de formation sont inadaptés :

  • Concurrence entre le secteur formel (où l’expérience professionnelle n’est pas reconnue, la formation très spécifique et la capacité d’entreprenariat peu développée) et le secteur informel (grand pourvoyeur d’emploi où les savoirs sont issus du contexte culturel et l’acquisition d’une grande adaptabilité dans les compétences est assurée mais les techniques sont parfois dépassées et donc à faible rendement)
  • Personnel insuffisant en quantité et en qualité (peu ou pas de formation pratique seulement théorique ; manque de formation par rapport aux compétences transversales pour les formateurs ; manque d’enseignants dont la répercussion directe est un ratio élèves/prof très élevé ; fuite des formateurs formés par l’État vers le secteur productif ou privé et donc plus rémunérateur).
  • Faiblesse des moyens: le matériel pédagogique (livres, matériel, machines,…) est soit manquant, soit dépassé. Dans le domaine informel, l’apprentissage se fait avec le matériel disponible sur place malgré la vétusté des installations. Dans les deux cas, les jeunes ne sont pas en adéquation avec le monde du travail. Quant à l’aspect financier, malgré un effort de la part de l’État, les budgets restent faibles par rapport à d’autres secteurs (surtout en situation de crise économique). D’autant plus que le coût unitaire par étudiant dans la formation technique et professionnelle est beaucoup plus élevé que dans l’enseignement général.

Il y a donc un vrai besoin d’améliorer la formation professionnelle et technique, il est nécessaire de :

  • Former les jeunes à l’entreprenariat en plus de leur apporter une formation adéquate.
  • Inscrire la formation professionnelle et technique dans la formation initiale, en alternance et continue.
  • Articuler la formation professionnelle et technique pour être en adéquation avec le monde du travail. Mais pour cela, il faut avoir une meilleure connaissance du marché du travail (nécessité de développer des structures d’analyses des besoins au niveau local et régional) ; il faut également revaloriser le secteur informel (vu son poids dans l’apprentissage, il faut en tenir compte et l’améliorer : formation en alternance, cadre curriculaire) ; il faut aussi diversifier l’offre de formation notamment avec la formation en alternance ( un modèle coopératif où des accords sont mis en place entre entreprises et lieux de formation) et inciter le partenariat entre pouvoirs publics, entreprises, ONG, partenaires du développement et utilisateurs.

Pour mener à  bien ces améliorations, il est nécessaire d’avoir des enseignants-formateurs qualifiés en nombre suffisant ainsi que de personnels d’encadrement et d’appui (chefs d’établissement, chefs d’atelier, conseillers pédagogiques, inspecteurs…) compétents.

En 2000 à Dakar, les constats restent fort semblables. Les États redisent alors leur priorité face à la formation technique et professionnelle : accroitre la pertinence des formations dispensées : identification des besoins du marché, valorisation de la formation dans le secteur informel, assouplissement des dispositifs de formation, diversification des filières, révision des programmes (pour permettre des liens entre formation générale et formation professionnelle et technique et promouvoir la culture entrepreneuriale). Les tâches prioritaires dans ce domaine sont : la réhabilitation et la rénovation des infrastructures ainsi que la gestion de la maintenance des installations.

Lors des actes des assises sur l’enseignement et la formation techniques et  professionnels en 2012 à Rabat, le bilan effectué depuis 1998 met en avant les efforts faits par les pays et les partenaires : soutien financier et humain accentué par les partenaires techniques et financiers alors même que les financements en faveur de l’éducation restent faibles, outils plus performants et politiques plus précises lorsque l’ETFP dépend d’une politique sectorielle, prise en compte du secteur informel… Cependant, il reste à développer un système d’offre de développement de compétences techniques et professionnelles. De plus, certains experts internationaux appellent à un changement de mentalité dès l’école de base afin de revaloriser les filières de l’EFTP.

Pour aller plus loin :

  • L’insertion des jeunes dans la vie active par la formation professionnelle et technique
  • Stratégies pour une refondation des systèmes éducatifs
  • Actes des assises sur l’enseignement et la formation techniques et professionnels (EFTP)