Équité et qualité

À la faveur de l’appel de Jomtien, beaucoup de pays à faible revenu et à revenu intermédiaire de la tranche inférieur ont misé sur l’accès à l’éducation. La qualité n’a pas suivi les efforts réalisés dans le domaine de l’accès ; ce qui a eu des effets défavorables sur les systèmes éducatifs. Les niveaux de performances notés lors des évaluations internationales telles que celles du PASEC illustrent parfaitement la situation : les compétences de base ne sont pas acquises par la majorité des apprenants. On note également un taux d’abandon très élevé ou des exclusions suite à plusieurs redoublements,… Les systèmes éducatifs de ces pays sont également discriminants. En effet, de nombreuses inégalités sont présentes selon le genre et selon les régions. Par ailleurs, si l’on parle d’accès, il est nécessaire que l’accessibilité soit, de son côté, respectée. Il s’agit donc bien ici,  de travailler sur deux phases : inciter les parents à mettre les enfants à l’école d’un côté et mettre en place des structures d’accueil de l’autre.

Pour expliquer ces constats, certaines raisons socioculturelles peuvent être mises en avant ; surtout le poids des financements qui a impacté la qualité de l’éducation : augmentation du nombre d’élèves par enseignant, salaires des enseignants peu motivants, manque de matériel pédagogique…

Lors de la rencontre de Dakar en 2000, les États ont réaffirmé leur priorité : l’accès universel et équitable à une éducation de base. Les États ont insisté alors sur le poids du secteur non-formel à ne pas négliger. Ils ont recommandé que les deux secteurs (formel et non-formel) travaillent en collaboration.

Il faut en outre continuer à mener des approches de discriminations positives en faveur des filles (sensibilisation auprès des familles pour montrer l’importance de l’instruction, sensibilisation auprès des enfants dès le plus jeune âge sur les questions de genre), des enfants issus des milieux ruraux (travail des communautés non négligeable) ou des enfants défavorisés (amélioration des conditions de vie dans un premier temps, mise en place de programmes spécifiques pour aider les familles).

De manière globale et transversale, la CONFEMEN a encouragé différentes actions dans la recherche de la qualité et de l’équité de l’éducation :

  • Une réforme curriculaire, de manière à ce que les apprenants puissent réutiliser leur apprentissage par la suite ;
  • Révision des filières et des programmes de formation professionnelle et technique, de manière à ce que les formations soient en adéquation avec le monde du travail ;
  • Réduction du redoublement, dont la pratique est reconnue peu efficace dans la littérature scientifique ;
  • Mise à disposition de livres, de manuels scolaires, moyen reconnu très efficace au vu de son faible financement et de son fort impact dans la réussite ;
  • Scolarisation en langue nationale, avec une introduction aux langues officielles dès le préscolaire ;
  • (Re)Valorisation du métier d’enseignant par une implication dans la réflexion des réformes curriculaires ;
  • Réflexion autour de la classe : augmenter le nombre d’enfants par classe est préférable même si on observe une légère baisse des performances ; les classes multigrades sont efficaces dans les zones rurales (si les enseignants sont formés en conséquence) ; les systèmes de double vacation ou de double flux sont déconseillés

En matière d’accès, l’enseignement secondaire reste ardu particulièrement pour les filles, les élèves issus d’une classe socio-économique plus faible, les élèves issus du milieu rural ainsi que tous les exclus (handicapés, nomades, réfugiés). L’offre, de son côté, est limitée à cause d’une carte scolaire inadéquate, du nombre insuffisant d’enseignants, des ressources pédagogiques lacunaires, des infrastructures trop peu nombreuses, etc… D’autres facteurs impactent la demande en éducation, par exemple, le faible niveau d’instruction des parents ainsi que le peu d’intérêt accordé à l’école, le poids de la tradition ou le manque de suivi dans la mise en place des décisions politiques.

Pour aller plus loin :

  • Vers la réussite pour tous : résoudre la crise de l’apprentissage dans les pays francophones en luttant efficacement contre l’échec et le décrochage scolaires
  • L’éducation de base, vers une nouvelle école
  • Dynamique partenariale et qualité de l’éducation/formation
  • Stratégies pour une refondation réussie des systèmes éducatifs
  • Qualité de l’éducation, un enjeu pour tous
  • Éducation inclusive et de qualité pour tous en francophonie, défis priorités et perspectives pour l’après 2015

Focus sur l’enseignement secondaire :

  • Enseignement secondaire et perspectives
  • Focus sur le redoublement et décrochage scolaire :